Deux ans. Cela fai­sait deux ans que nous n’avions plus sur­volé les paysages lunaires et con­tem­plé leur mag­nifique déso­la­tion. Deux années, con­traints d’annuler Sélénite après Sélénite, pour cause de météo sys­té­ma­tique­ment défavorable.

Nous sommes le 20 avril, un samedi, une journée plutôt inhab­ituelle pour une sor­tie sur le ter­rain. En fait, des prévi­sions météo plutôt favor­ables nous ont poussés à reporter la Sélénite, ini­tiale­ment prévu hier, à ce soir. Nous désirons met­tre toutes les chances de notre côté et en finir avec cette malé­dic­tion ! Nous sommes con­va­in­cus d’avoir pris la bonne déci­sion : le Soleil a resplendi toute la journée dans un ciel azur comme nous n’en avions plus vu depuis longtemps.

Mais voilà… au moment d’installer nos instru­ments sur le cam­pus, une énorme masse nuageuse fait son appari­tion sur l’horizon Sud. La Lune com­mence à être grig­notée. Sans com­men­taire. Loin de nous ras­surer, les images satel­lites nous font même peur !

Nous ne bais­sons pas les bras et pour­suiv­ons les pré­parat­ifs. Le matériel installé sur le cam­pus est assez impres­sion­nant : les jumelles 25*100 du Cer­cle, les Mak­su­tov de 180 mm de Gau­thier et Giuseppe, le Cele­stron 8 de Pierre, le Dob­son de 200 mm de diamètre réal­isée par l’atelier d’OIympus Mons, le Dob­son de 300 mm de Nico­las, le 10 pouces ACF de Christophe, etc.

Le pub­lic com­mence à affluer, il y a vrai­ment beau­coup monde… et de plus en plus en plus de nuages ! Nous sommes égale­ment rejoints par les étu­di­ants de l’UMONS de BA 1 en Sci­ences physiques. Cette sélénite a en effet été inté­grée au volet pra­tique de leurs cours inti­t­ulé « Univers : struc­tures et con­sti­tu­ants » : un physi­cien doit au moins une fois dans sa vie avoir vu Jupiter, Sat­urne et la Lune comme les a vu Galilée, et ensuite ses successeurs !

Entre deux nuages, Joël nous décroche la Lune en direct, sur grand écran, et Giuseppe nous en livre quelques secrets. Con­traire­ment aux autres sélénites où nous explorons cer­tains élé­ments de reliefs bien spé­ci­fiques, c’est à une décou­verte générale de la Lune que nous con­vie notre guide. Giuseppe nous rap­pelle les grandes étapes de la for­ma­tion de notre satel­lite, les grands types de struc­tures que l’on peut y observer, etc.

Le superbe cratère Coper­nic, le Golfe des Iris et l’immense Clav­ius sont quelques-uns des joy­aux sélènes que nous décou­vrons sur l’écran… avant que les nuages ne fassent presque totale­ment dis­paraître la Lune !

Heureuse­ment, voilà que Jupiter fait son appari­tion sur l’horizon Ouest ! Les ban­des nuageuses et les satel­lites galiléens sont par­faite­ment vis­i­bles. La plu­part des per­son­nes présen­tent décou­vrent pour la pre­mière fois une planète vue au tra­vers d’un téle­scope. Pour beau­coup, c’est un grand moment.

Mais cette fois, nous y sommes : la Lune émerge enfin de la couche nuageuse ! Nous nous diri­geons alors vers les dif­férents instru­ments. Un régal ! Les réac­tions et les réflex­ions fusent de partout ! Nous obser­vons même le champ de dômes vol­caniques présents près de Coper­nic. Les par­tic­i­pants com­par­ent les vues obtenues au tra­vers des dif­férents instru­ments, ten­tent de com­pren­dre l’origine des struc­tures observées,… l’atmosphère est très con­viviale. On enten­dra même des étu­di­ants mar­mon­ner que c’est la pre­mière fois qu’ils se sen­tent aussi déten­dus sur le campus !

A gauche, le plus grand des cratères lunaires, Clav­ius, et à droite, le cratère Coper­nic (images Joël Bavais)

Cerise sur le gâteau, la Sta­tion spa­tiale inter­na­tionale s’invite à la soirée… tou­jours très spectaculaire !

Quant à Sat­urne, très atten­due de tous, elle se fait atten­dre… la voilà enfin, per­due dans les voiles nuageux. Aux instru­ments, l’image est som­bre, mais le pub­lic adore ! C’est vrai que dans l’absolu, le spec­ta­cle est de toute beauté. Une jeune astronome en herbe, venue pour la pre­mière fois, aura même pu voir avec sa pro­pre petite lunette la Lune, Jupiter et Sat­urne ! Il est déjà une heure du matin. Nous démon­tons, heureux d’avoir passé cet instant ensem­ble, sous les étoiles. De nou­velles idées sont déjà en train de ger­mer dans nos esprits appaisés. C’est que nous ne sommes pas prêts d’avoir fini d’observer la Lune et notre Sys­tème solaire !

Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour le dimanche 28 avril, cette fois avec le Seigneur Soleil. Croi­sons les doigts !

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