C’est avec plus de 24 h d’avance que Fabian nous donne son feu vert météo pour la dernière Sélénite de la sai­son, prévue ce ven­dredi 21 mai.

Giuseppe, notre pilote lunaire (et papa spir­ituel des Sélénites) ne pou­vant être des nôtres, nous a briefé la veille : nous con­nais­sons tout ou presque des cibles de la soirée !

Au pro­gramme :

– le cratère Archimède dont l’intérieur a été en par­tie rem­pli par les épanche­ments de lave lors de la for­ma­tion de la Mer des Pluies. L’observation des petits cratères au sein d’Archimède per­met d’estimer le pou­voir de réso­lu­tion des instru­ments, et aussi la qual­ité du ciel.

–Rima Bradley : une faille qui longe les Apen­nins sur 120 km.

–Rima Hadley : plus sub­tile encore que Bradley, elle est restée célèbre pour avoir été la cible de la plus belle mis­sion lunaire, Apollo 15. Il s’agit en fait d’un chenal de lave sin­ueux, s’étendant sur plus de 80 km, au pied des Apennins.

–Catena Davy : une struc­ture extra­or­di­naire, prob­a­ble­ment formé par l’impact d’un chapelet de noy­aux comé­taires. On observe ce genre de chaines de cratères sur Ganymède par exem­ple. Les ama­teurs se sou­vi­en­nent avec émo­tion du fameux chapelet comé­taire issu de la comète Shoemaker-Levy 9, qui s’est écrasé sur Jupiter en 1994. Catena Davy se trouve non loin du clas­sique trio Ptolémée-Alphonse-Arzachel, et non loin du splen­dide Mur droit, une des mer­veilles sélènes. La région est décidé­ment très riche, puisqu’elle accueille égale­ment une autre faille, Rima Birt !

Archimedes-Rima Bradley

Le Mur Droit

Catena Davy

Alors, com­ment se déroule cette soirée ? Superbe­ment bien, même si le see­ing n’est pas opti­mal et se dégrade forte­ment en cours de soirée.

Joël est aux com­man­des du C8 installé sur une des EQ6, et con­necté à sa cam­era DMK, reliée à son pc portable relié – grande pre­mière ! – à un pro­jecteur LCD, nous per­me­t­tant de pro­jeter l’image live de la Lune sur grand écran !

Pier­rot M quant à lui accom­pa­gne le dernier né des instru­ments du Cer­cle, la splen­dide lunette apoc­hro­ma­tique Sky­Watcher de 120 mm de diamètre, dans sa deux­ième balade lunaire. Gau­thier est là avec sa lunette Meade de 75 mm de diamètre. Clau­dio et Pierre D sont égale­ment de la par­tie. Olivier est venu expressé­ment depuis Brux­elles avec son C8 : c’est la pre­mière fois qu’il nous rejoint en dehors des Noc­turnes à Bonne-Espérance, et c’est surtout la pre­mière fois qu’il observe la Lune avec son instru­ment. Notre amie Bernadette est égale­ment des nôtres, venue en vélo. Nous accueil­lons deux nouveaux-venus, Steve et Michel, bien­v­enue à eux !

La pro­jec­tion sur grand écran améliore sen­si­ble­ment le con­fort de la Sélénite : on peut à tout moment mon­trer aux par­tic­i­pants quelle zone explorer rien ne rem­place l’observation à l’oculaire ! tant en pro­je­tant l’image live de la Lune qu’en exploitant les images de l’Atlas virtuel de la Lune ! On pousse même le vice jusqu’à pro­jeter des vues des objets observés comme nous les ver­rions depuis l’orbite lunaire, un vrai régal ! L’outil est extra­or­di­naire. On le reverra cer­taine­ment lors des prochaines Sélénites ! C’est en donc ter­miné ou presque des « tu vois le cratère au cen­tre du champ ? Eh bien tu prends le petit à sa gauche, tu te déplaces vers le bas, tu en vois un autre plus grand, et dessus il y celui que l’on cherche, tu vois ? ». Inutile de dire que ce genre de guidage con­duit très sou­vent partout sauf là où on veut aller !

Nous admirons sans prob­lème Archimède. Rima Bradley nous demande un peu plus de temps pour la trou­ver, mais nous pou­vons tous l’observer très claire­ment, avant que la tur­bu­lence s’intensifie, et finit par gom­mer les plus déli­cates des struc­tures lunaires.

Nous con­tin­uons à explorer la zone des Apen­nins et repérons le cratère qui jouxte Rima Hadley, mais les images ne sont pas assez fines pour que nous puis­sions la voir. Idem pour Catena Davy. Par con­tre, le Mur droit est un régal. On devine en début d’observation la présence évanes­cente de Rima Birt, mais sans plus.

Nous pointons égale­ment Sat­urne, dont les anneaux sont encore assez fer­més. Magie de la tech­nolo­gie mod­erne : en un seul clic, Joël mod­i­fié les réglages de sa caméra, et fait appa­raître en direct sur l’écran cinq des bril­lants satel­lites de la Planète aux anneaux : Titan, Rhéa, Thé­tys, Ence­lade et Dioné !

Nous arrê­tons d’observer vers 1h30, la Lune est désor­mais trop basse et forte­ment voilée par les cir­rus. Même si nous n’avons pas pu observer toutes les cibles prévues à cause des con­di­tions atmo­sphériques, cette Sélénite est une mag­nifique réus­site. Les objec­tifs les plus impor­tants ont été atteints : s’émerveiller en traquant les richesses infinies de la Lune. Finale­ment, une Sélénite, c’est un peu comme une chasse au tré­sor organ­isée sur une autre planète… ça vaut la peine, non ? Vive­ment la prochaine !

Francesco

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